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Le rétifisme

 

Ou fétichisme de la chaussure

C’est une des paraphilies (attirance sexuelle différente) qui se caractérise par un désir érotique et la recherche d’une satisfaction sexuelle, par le contact ou la vue de chaussures (objets normalement dénués de toute symbolique).
Rétifisme (ou restifisme), ce nom fait référence à Nicolas Edme Restif, dit Restif de La Bretonne, écrivain français ayant décrit dans un Paris du 18e siècle l’élégance et la beauté d’un pied habillé d’une chaussure à talon dans « le pied de Fanchette », puis dans « l’Anti-Justine ».
Rétifisme ou altocalciphilie devrais-je dire, puisqu’il s’agit plus généralement du fétichisme des talons hauts.
Ce fétichisme sexuel peut être lié à tous types de chaussures. Selon Freud, il est parfois dérivé d’un fétichisme du pied lorsqu’il implique des chaussures (bottes, cuissardes, bottines et talons aiguilles principalement), des chaussettes, collants, etc …, et peut concerner des odeurs ou des stimuli visuels et/ou physiques.

La première apparition connue de chaussures à talons, portées par pure vanité, remonte à 1553, quand Catherine de Médicis, plutôt petite, choisit une paire d’escarpins très hauts pour son mariage avec Henri II.
La légende veut qu’elle mit des talons pour éviter au roi de se baisser pour lui baiser le front.

Au XVe siècle, les vénitiennes chaussaient des « chopines » (chaussures plates mais très hautes, à semelle compensée) avec un socle en bois et qui pouvaient atteindre les 50 cm.
Ces véritables échasses étaient si hautes qu’on ne pouvait marcher avec que soutenu par une ou deux personnes. Originellement utilisées en tant que sabot dans le but de protéger les chaussures et habits de la boue et des débris, elles devinrent une référence symbolique culturelle et sociale pour leurs porteuses. Les hautes chopines permettaient aux femmes d’étendre littéralement et figurativement leur statut, pour devenir un réel article de mode durant la Renaissance.

Ce principe de plateau se retrouvera ensuite au Japon avec les «geta», tongs portées par les geishas et plus généralement par les femmes avec les vêtements traditionnels comme le kimono et qui pouvaient mesurer 30 cm.

Au fur et à mesure de la généralisation de ces talons dans la société et dans le temps, leur respectabilité et surtout leur provocation érotique s’est affirmée, jusqu’à devenir aujourd’hui un des artifices de séduction les plus utilisés.

Quelques anecdotes illustrant la place prépondérante de la chaussure en tant qu’objet fétiche plus qu’en tant que « chaussant »

Il existe un « rituel » datant du 19ème siècle où l’Homme buvait son champagne dans le chausson transpirant d’une ballerine.

Un jour, Joséphine de Beauharnais (qui possédait jusqu’à 521 paires de chaussures) se plaignit d’un trou dans une mule qu’elle n’avait portée qu’une fois. Son fournisseur lui dit : «Madame, je vois le problème. Vous l’avez mise pour marcher…

Marie-Antoinette possédait une «galerie de chaussons» (500) rangés suivant la date, la couleur et le modèle : elle ne les portait qu’une fois. Un domestique était chargé exclusivement de leur entretien.

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  • Sam

    Le rêve pour beaucoup d’entre nous …….

  • http://les1001pieds.fr/ Les 1001 pieds

    En tant que femme pour avoir une pareille garde-robe ? ou en tant qu’homme pour avoir autant de sujet de dévotion ?

    • Sam

      Les deux !!!!!!!